Zeid lauds “hugely significant” conviction of Radovan Karadzic

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GENEVA (28 March 2016) – UN High Commissioner for Human Rights Zeid Ra’ad Al Hussein welcomed the verdict against Radovan Karadzic, President of the self-styled Bosnian Serb Republic, which was delivered today by the International Criminal Tribunal for the Former Yugoslavia, describing it as “hugely significant.”  Karadzic was found guilty of genocide, crimes against humanity and war crimes.

“Twenty-one years after Karadzic was indicted, this verdict is a forceful manifestation of the international community’s implacable commitment to accountability,” Zeid said. “Karadzic master-minded the confinement, rape, torture and murder of thousands of people; the shelling of civilians; the siege of Sarajevo; and the extensive destruction and plunder of property, including Muslim and Roman Catholic places of worship.”

“His judgment is symbolically powerful – above all for the victims of the crimes committed during the wars in Bosnia-Herzegovina and across the former Yugoslavia, but also for victims across the world. No matter how powerful they are, no matter how untouchable they imagine themselves to be, no matter what continent they inhabit, the perpetrators of such crimes must know that they will not escape justice. Having witnessed first hand the effect of the horrific crimes for which Karadzic has been convicted, I welcome the findings of the Tribunal.”

Zeid, who served in the UN Protection Force in the Former Yugoslavia from 1994 to 1996, noted that today’s conviction may be subject to appeal. However, he said, “This historic verdict should be a turning-point. Karadzic’s physical disguise was removed after he spent 14 years as a fugitive; today’s verdict is hugely significant as it also strips away the pretence that what he did was anything more than political manipulation, and exposes him for what he really was: the architect of destruction and murder on a massive scale. It is time now to ensure that his poisonous legacy does not continue to burden the people of the former Yugoslavia with deeply-felt grievances, secrecy and lies. The unvarnished truth about the crimes committed in this ghastly conflict – so scrupulously established by the Court – must be fully acknowledged and recorded in the textbooks all across the region, and their victims must be given appropriate remedy.”

Zeid added that the Karadzic trial “should give pause to leaders across Europe and elsewhere who seek to exploit nationalist sentiments and scapegoat minorities for broader social ills. Speech that incites hatred, discrimination and violence is an inflammable force. In the countries of the former Yugoslavia, we saw the terrible bloodshed that can result,” he said.

None of the 161 people indicted by the International Criminal Tribunal for the Former Yugoslavia have managed to escape justice, Zeid observed. “I pay tribute to the meticulous persistence of successive prosecutors, investigators, judges and the defence, and their deep devotion to ensuring justice for the people of the former Yugoslavia. The message of this trial must be that no-one is above the law.”


 

Le Haut-Commissaire salue le jugement « extrêmement important » contre Radovan Karadzic

GENEVE (28 mars 2016) – Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme Zeid Ra’ad Al Hussein s’est félicité jeudi du verdict prononcé contre Radovan Karadzic, le Président de la République serbe autoproclamée de Bosnie par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie, le qualifiant d’« extrêmement important » . M. Karadzic a été reconnu coupable de génocide, de crimes contre l’humanité et de crimes de guerre.

« Vingt et un ans après l’inculpation de M. Karadzic, ce verdict est l’illustration puissante de la détermination implacable de la communauté internationale à obtenir que justice soit faite », a déclaré Zeid Ra’ad Al Hussein. « M. Karadzic a orchestré la séquestration, le viol, la torture et le meurtre de milliers de personnes; le bombardement de civils; le siège illicite de Sarajevo ainsi que la destruction et le pillage massif de biens, y compris de lieux de cultes musulmans et catholiques. »

« Son jugement est un symbole puissant – avant tout pour les victimes des crimes commis pendant les guerres en Bosnie-Herzégovine et à travers l’ex-Yougoslavie, mais aussi pour les victimes du monde entier. Aussi puissants soient-ils, aussi convaincus soient-ils de leur invulnérabilité, peu importe le continent qu’ils habitent, les auteurs de tels crimes doivent savoir qu’ils n’échapperont pas à la justice. Ayant vu de mes propres yeux les effets des crimes terribles pour lesquels M. Karadic vient d’être condamné, je salue les conclusions du tribunal. »

Zeid Ra’ad Al Hussein, qui était membre de la Force de protection des Nations Unies en ex-Yougoslavie de 1994 à 1996, a remarqué que la condamnation prononcée ce jour pourrait faire l’objet d’un appel. Toutefois, a-t-il dit, « ce verdict historique devrait constituer un tournant. Le déguisement utilisé par M. Karadzic pendant ses 14 années de fugue a été retiré; le verdict prononcé aujourd’hui lève le voile qui dissimulait ses manipulations politiques, et le révèle tel qu’il était : l’architecte d’actes de destructions et de meurtres à grande échelle. Il est temps de s’assurer que son héritage empoisonné cesse de faire peser sur le peuple de l’ex-Yougolavie un fardeau de griefs profonds, de secrets et de mensonges. La vérité sans fard sur les crimes commis lors de ce conflit effroyable – si méticuleusement établie par le Tribunal – doit être pleinement reconnue, inscrite dans l’histoire et ses victimes doivent obtenir les réparations appropriées. »

Le Haut-Commissaire a ajouté que le procès de M. Karadzic « devrait donner matière à réfléchir aux dirigeants, en Europe et ailleurs dans le monde, qui cherchent à exploiter les sentiments nationalistes et à se servir des minorités comme boucs émissaires pour des problèmes sociaux plus larges. « Les discours qui incitent à la haine, à la discrimination et à la violence sont une force inflammable. Dans les pays de l’ex-Yougoslavie, nous avons vu le terrible carnage qui en a résulté », a-t-il déclaré.

Aucune des 161 personnes inculpées par le Tribunal pénal international pour l’ex-Yougoslavie n’est parvenue à échapper à la justice, a noté le Haut-Commissaire. « Je salue la persévérance méticuleuse de tous les procureurs, enquêteurs, juges et avocats de la défense, et leur attachement profond à garantir que justice soit rendue pour les peuples de l’ex-Yougoslavie. Le message de ce procès est que nul n’est au-dessus de la loi. »