NEW YORK / KINSHASA (9 April 2014) – Rape and sexual violence in the Democratic Republic of the Congo (DRC) remain very serious concerns, with thousands of victims, in particular in the east of the country, over the past four years, according to a UN report released Wednesday. The report also indicates that, while some progress has been made in the fight against impunity for sexual violence, much more needs to be done to hold perpetrators of sexual violence accountable.
“There is no excuse for sexual violence, and its widespread impunity creates even more injustice. The Government should take all necessary measures to give victims of sexual violence access to justice and ensure their safety. For this, and for the fight against any form of sexual violence, the DRC can count on our full support in a good spirit of continuous partnership,” declared the UN Special Representative of the Secretary-General in the DRC, Martin Kobler.
“Despite an increase in the number of prosecutions of state agents for sexual violence in recent years, there is still a long way to go in the fight against impunity for sexual violence in the DRC,” said the UN High Commissioner for Human Rights Navi Pillay. “I call on the Government to prioritize the fight against impunity for crimes of sexual violence, to promptly complete effective and independent investigations, and to prosecute alleged perpetrators, including those suspected of having command responsibility.”
– The in-depth report by the UN Joint Human Rights Office in the DRC (UNJHRO)* documents serious incidents of sexual violence in the DRC, with over 3,600 victims registered by the office between January 2010 and December 2013. The report also illustrates the systematic nature of some incidents of sexual violence, particularly in the east, with a large number of cases committed in homes or when women are working in fields, going to the market or fetching water.
– The findings of the report indicate that rape is used as a weapon of war to intimidate local communities, and to punish civilians for their real or perceived collaboration with armed groups or the national army. It is also occurring as an opportunistic crime carried out in tandem with other human rights violations.
– It also shows that armed groups were responsible for just over half the rapes, mostly committed during attacks aimed at gaining control of territories rich in natural resources. Members of the national Congolese army, the FARDC, were responsible for around a third of the rapes. The remaining cases were committed by other state agents.
– In recent years, some progress – although limited – has been observed in the fight against impunity for sexual violence. The UNJHRO registered some 187 convictions by military jurisdictions for sexual violence between July 2011 and December 2013, with sentences ranging from 10 months to 20 years of imprisonment. The United Nations welcomes the increased number of prosecutions and convictions, resulting in part from the technical and logistical support to military justice investigations by international organizations, including MONUSCO, and from the deployment of mobile court hearings. – Despite the strongly stated commitment of senior Congolese officials, there are still many obstacles that prevent victims of sexual violence from gaining full access to justice. The limited efforts of some Congolese authorities to prosecute sexual violence cases, cases of corruption within the judicial system and the lack of resources and capacity of the judiciary all contribute to impunity for perpetrators of sexual violence.– The report also finds that proceedings very rarely target senior army officers responsible for sexual violence. Only three of the 136 FARDC soldiers convicted during the period under review were senior officers. In addition, members of armed groups almost always escape justice; only four of the 187 people convicted for sexual violence by the military justice system were members of armed groups. – According to the report, a large number of victims do not report cases for fear of being stigmatized and rejected by their families and communities. Many also lack access to justice because they cannot afford legal fees, medical fees, and travel costs associated with formal legal proceedings. Many lack confidence that they and their families will be safe, as their protection needs are often neglected by judicial authorities.
To view the full report, please visit: http://www.ohchr.org/Documents/Countries/ZR/UNJHROApril2014_en.doc or at
http://www.monusco.unmissions.org/ or www.monusco.org
* The UN Joint Human Rights Office, which was established in February 2008, comprises the Human Rights Division of the UN Stabilization Mission in the DRC (MONUSCO) and the Office of the High Commissioner for Human Rights in the DRC (OHCHR-DRC).
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RDC: Des progrès dans la lutte contre l’impunité mais le viol reste répandu et largement impuni – Rapport de l’ONU
NEW YORK / KINSHASA (9 avril 2014) – Les viols et les violences sexuelles en République démocratique du Congo (RDC) demeurent un problème très sérieux qui a fait des milliers de victimes, surtout à l’est du pays , au cours des quatre dernières années, selon un rapport de l’ONU publié mercredi. Le rapport indique également que, si certains progrès ont été réalisés dans la lutte contre l’impunité pour les violences sexuelles, beaucoup reste à faire pour que les auteurs de ces violences rendent des comptes.
« Il n’y a pas d’excuses pour les violences sexuelles, et l’impunité généralisée crée encore davantage d’injustice. Le gouvernement doit prendre toutes les mesures nécessaires pour faciliter l’accès des victimes de violences sexuelles à la justice et pour garantir leur sécurité. A cet effet, et dans le cadre de la lutte contre toutes les formes de violences sexuelles, la RDC peut compter sur notre soutien total , dans un esprit positif de coopération continue », a déclaré le Représentant spécial du Secrétaire général des Nations Unies en RDC, Martin Kobler.
« Malgré une augmentation du nombre de poursuites contre des agents de l’Etat accusés de violences sexuelles ces dernières années, il reste un long chemin à parcourir dans la lutte contre l’impunité pour les violences sexuelles commises en RDC », a déclaré la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Navi Pillay. « J’appelle le gouvernement à donner la priorité à la lutte contre l’impunité pour les violences sexuelles, à conclure promptement des enquêtes efficaces et indépendantes et à poursuivre les auteurs présumés, y compris ceux suspectés d’avoir une responsabilité de commandement. »
Note aux éditeurs:
Autres conclusions importantes du rapport:
– Le rapport détaillé du Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme en RDC (BCNUDH)* documente des incidents graves de violences sexuelles enregistrés par le bureau et ayant fait plus de 3.600 victimes en RDC entre janvier 2010 et décembre 2013. Le rapport souligne aussi le caractère systématique de certains incidents de violences sexuelles, particulièrement dans l’est du pays, et indique qu’un nombre important de cas sont survenus dans des maisons ou lorsque les femmes travaillaient aux champs, se rendaient au marché ou allaient chercher de l’eau.
– Les conclusions du rapport indiquent que le viol est utilisé comme une arme de guerre pour intimider les communautés locales et punir les civils pour leur appui présumé ou réel aux groupes armés ou à l’armée nationale. Le viol est également perpétré comme un crime opportuniste commis en même temps que d’autres violations des droits de l’homme. Le rapport montre aussi que les groupes armés ont été responsables d’un peu plus de la moitié des viols. Ces viols ont été commis pour la plupart lors d’attaques destinées à contrôler des territoires riches en ressources naturelles. Les militaires des forces armées congolaises, les FARDC, ont été, quant à eux, responsables d’environ un tiers des viols. Le reste des cas a été commis par d’autres agents de l’Etat.
– Ces dernières années, quelques progrès – bien que limités – ont éte observés dans la lutte contre l’impunité pour les violences sexuelles. Le BCNUDH a enregistré quelque 187 condamnations prononcées par des juridictions militaires entre juillet 2011 et décembre 2013 pour des cas de violences sexuelles, avec des peines comprises entre 10 mois et 20 ans d’emprisonnement. Les Nations Unies saluent l’augmentation du nombre de poursuites et de condamnations, qui résulte en partie de l’appui technique et logistique aux enquêtes de la justice militaire apporté par des organisations internationales, y compris la MONUSCO, et de la tenue d’audiences foraines.
– Malgré l’engagement ferme de hauts responsables congolais, il reste encore de nombreux obstacles entravant l’accès à la justice des victimes de violences sexuelles. Les efforts limités de certaines autorités congolaises pour poursuivre en justice les cas de violences sexuelles, les cas de corruption au sein du système judiciaire et le manque de ressources et de capacités des autorités judiciaires contribuent à l’impunité pour les auteurs de violences sexuelles.
– Le rapport souligne également que les poursuites visent rarement des officiers supérieurs de l’armée responsables de violences sexuelles. Ainsi, seuls trois des 136 soldats des FARDC condamnés au cours de la période examinée étaient des officiers supérieurs. Par ailleurs, les membres des groupes armés échappent presque systématiquement à la justice. Seuls quatre des 187 personnes condamnées pour violences sexuelles par le système de justice militaire appartenaient à des groupes armés.
– D’après le rapport, un grand nombre de victimes ne dénoncent pas les violences sexuelles par peur d’être stigmatisées et rejetées par leurs familles et leurs communautés. En outre, de nombreuses victimes n’ont pas accès à la justice parce qu’elles ne peuvent pas payer les frais judiciaires, médicaux et/ou de déplacement liés aux procédures judiciaires. Nombreuses sont aussi celles à craindre pour leur sécurité et de celle de leurs familles, leurs besoins de protection étant souvent négligés par les autorités judiciaires.
Le rapport complet est disponible ici: http://www.ohchr.org/Documents/Countries/ZR/UNJHROApril2014_fr.doc ou
http://www.monusco.unmissions.org/ ou www.monusco.org
* Le Bureau Conjoint des Nations Unies aux Droits de l’Homme (BCNUDH), établi en février 2008, est composé de la Division des Droits de l’Homme de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en République démocratique du Congo (MONUSCO) et du Bureau du Haut-Commissariat aux droits de l’homme en République démocratique du Congo (HCDH-RDC).
























