République centrafricaine: Un expert de l’ONU lance un appel pour des élections apaisées, libres et régulières

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BANGUI / GENEVE (22 décembre 2015) – L’Experte indépendante sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine, Marie-Thérèse Keita Bocoum, a félicité aujourd’hui les quelqueprès de deux millions de Ccentrafricains qui se sont inscritsenregistrés pour les élections présidentielles et législatives prévues le 27 décembre prochain, et les a encouragé à participer à ce vote important.

 « En ce début de campagne électorale, j’aimerais rappeler l’importance de ces élections pour l’avenir de la Centrafrique. Ces élections devraient constituer une étape majeure pour le pays, afin de tourner définitivement le dos à la violence et à la haine et de faire place à la réconciliation et à la reconstruction », a affirmé Mme Keita Bocoum. L’experte exprime sa profonde préoccupation suite à l’attaque contre l’un des candidats à l’élection présidentielle le 17 décembre et appelle à une action rapide afin de punir les auteurs de cette agression.

« Le respect des droits de l’homme lors du prochain processus électoral est un élément central pour garantir que le suffrage soit libre, régulier et sécurisé, et qu’il traduise la véritable expression de la volonté politique du peuple centrafricain », a-t-elle indiqué.  

L’experte reste très préoccupée par les cas de violences sexuelles liées au conflit. Le 26 novembre, des combattants armés du Front Populaire pour la Renaissance de la Centrafrique (FPRC) auraient ont violé collectivement une jeune femme dans le 5ème arrondissement de Bangui après avoir tué son mari. « Ces violences sont inhumaines et je les condamne fermement. J’appelle les autorités, avec l’aide la MINUSCA, à lutter efficacement afin de mettre fin à ces violences sexuelles utilisées comme arme de guerre et à prendre des mesure urgentes afin de protéger les victimes et les populations encore sous contrôle des groupes armés », a ajouté Mme Keita Bocoum.

L’experte a aussi exprimé sa profonde préoccupation face à l’usage de la violence par des groupes armés qui ont tenté d’empêcher les citoyens d’exercer librement et en sécurité leur droit de vote lors du référendum constitutionnel les 13 et 14 décembre 2015. « Le temps des armes est dépassé. Les Centrafricains veulent voter librement et  élire leurs représentants de façon démocratique. Ils ne souhaitent pas être représentés par des personnes qui privilégient les armes, tuent, blessent, violent et pillent impunément, » a-t-elle déclaré.

« Je demande aux autorités nationales centrafricaines et à la MINUSCA de prendre des actions rapides contre les fauteurs de troubles et les criminels, afin de les empêcher de  nuire, et de les juger sans délai », a ajouté Mme Keita Bocoum.    

« Les responsables politiques doivent respecter le code de bonne conduite des partis politiques et candidats aux élections qu’ils ont signé récemment. Cela implique notamment qu’ils évitent les provocations et les discours incitant directement ou indirectement à la violence, à la haine et à la discrimination. Les responsables politiques doivent rester extrêmement vigilants afin de ne pas créer ou attiser des tensions dans un contexte sensible où les communautés restent fortement divisées », a-t-elle souligné.

« Ces élections sont essentielles afin de donner des chances au nouveau gouvernement qui sera démocratiquement élu de construire la paix, la cohésion sociale et l’avenir de la Centrafrique, en y associant pleinement les femmes et les jeunes », a enfin affirmé l’experte indépendante.

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Le mandat de l’Experte indépendante sur la situation des droits de l’homme en République centrafricaine a été créé par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU le 27 septembre 2013. Avant d’être nommée, Marie-Thérèse Keita-Bocoum a occupé différents postes tant dans son pays qu’au sein de l’ONU. Elle a d’abord servi en tant que Rapporteuse spéciale sur la situation des droits de l’homme au Burundi, puis en tant que Directrice de la division des droits de l’homme et Représentante du Haut-Commissariat de l’ONU aux droits de l’homme au Darfour et en Afrique de l’Ouest auprès de l’UNOWA. Pour des renseignements supplémentaires, veuillez consulter : http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/SP/CountriesMandates/CF/Pages/IECentralAfricanRepublic.aspx

Les experts indépendants font partie de ce qui est désigné sous le nom des procédures spéciales du Conseil des droits de l’homme. Les procédures spéciales, l’organe le plus important d’experts indépendants du système des droits de l’homme de l’ONU, est le terme général appliqué aux mécanismes d’enquête et de suivi indépendants du Conseil qui s’adressent aux situations spécifiques des pays ou aux questions thématiques partout dans le monde. Les experts des procédures spéciales travaillent à titre bénévole; ils ne font pas partie du personnel de l’ONU et ils ne reçoivent pas de salaire pour leur travail. Ils sont indépendants des gouvernements et des organisations et ils exercent leurs fonctions à titre indépendant.

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Central African Republic: UN expert calls for peaceful, free and fair elections

BANGUI / GENEVA (22 December 2015) – The Independent Expert on the situation of human rights in the Central African Republic, Marie-Thérèse Keita Bocoum, today congratulated the nearly two million Central Africans who have registered for the presidential and legislative elections. She encouraged them to participate in the important vote due to take place Sunday, 27 December.

“As we enter the election campaign, I would like to reiterate the importance of these elections for the future of the Central African Republic. These elections should be a major step for the country to finally turn away from violence and hate and make way for reconciliation and reconstruction,” Ms. Keita Bocoum said. The expert expressed her deep concern following the attack on 17 December against one of the presidential candidates and urged prompt action to punish the perpetrators of this act of aggression.

“Respect for human rights during the upcoming electoral process is a key element towards guaranteeing that the voting takes place in a free, regular and secure manner, and that it translates faithfully the political will of the Central African people,” she said.

Ms. Keita Bocoum remained deeply concerned about cases of sexual violence related to the conflict. On November 26, armed fighters from the Popular Front of the Rebirth of Central Africa (FPRC) allegedly gang raped a young woman in the 5th district of Bangui after killing her husband. “Such violence is inhuman and I firmly condemn it. I urge the authorities to respond effectively, with the assistance of MINUSCA, to bring an end to the use of sexual violence as a weapon of war and to take urgent measures to protect the victims, as well as the people still living in areas under the control of armed groups,” Ms. Keita Bocoum said.

The expert expressed deep concern at the use of violence by armed groups who attempted to prevent citizens from freely exercising and secure their right to vote in the constitutional referendum on 13 and 14 December 2015. “It is time to lay down arms. Central Africans want to vote freely and elect their representatives democratically. They do not wish to be represented by people who favour the use of weapons, who kill, injure, rape and pillage with impunity.”

“I call on the national authorities and MINUSCA to take quick action against the troublemakers and the criminals, in order to prevent further harm and to bring them to justice,” she added.

“Political leaders must respect the code of conduct for political parties and electoral candidates that they recently signed. In particular, they must avoid provocations and speeches directly or indirectly inciting violence, hatred and discrimination. Policy makers must remain extremely vigilant so as not to create or inflame tensions in such a sensitive context, where communities remain strongly divided,” she said.

“These elections are crucial in giving a chance to a new, democratically elected government to build peace, social cohesion and to build the future of the Central African Republic with the full involvement of women and young people,” Ms. Keita Bocoum said.

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The mandate of the Independent Expert on the situation of human rights in the Central African Republic was established by the Council of Human Rights on 27 September 2013. Marie-Thérèse Keita Bocoum, a former professor at the Faculty of Arts and Humanities of the University of Abidjan in Côte d’Ivoire, held various positions both in Côte d’Ivoire and in the UN. She was Special Rapporteur on the situation of human rights in Burundi, Representative of the High Commissioner for Human Rights to UNOWA, as well as Director of the Division of Human Rights and the Representative of the High Commissioner for Human Rights in Darfur. For additional information, please visit:
http://www.ohchr.org/EN/HRBodies/SP/CountriesMandates/CF/Pages/IECentralAfricanRepublic.aspx

The Independent Experts are part of what is known as the Special Procedures of the Human Rights Council. Special Procedures, the largest body of independent experts in the UN Human Rights system, is the general name of the Council’s independent fact-finding and monitoring mechanisms that address either specific country situations or thematic issues in all parts of the world. Special Procedures’ experts work on a voluntary basis; they are not UN staff and do not receive a salary for their work. They are independent from any government or organization and serve in their individual capacity.

UN Human Rights, country page – Central African Republic: http://www.ohchr.org/EN/Countries/AfricaRegion/Pages/CFIndex.aspx